Pour manager, inspirez-vous de François Ier

A la mort de Louis XII, en 1515, François d’Angoulême accède au pouvoir à seulement 20 ans. Il est très grand (près de deux mètres !), éclatant d’énergie et de bravoure. Sa mère Louise de Savoie a particulièrement veillé à l’éducation du futur souverain. François est cultivé, ouvert à l’worldwide, parlant l’espagnol et l’italien. C’est un esprit raffiné, un poète, épris de dessin, d’artwork et d’structure.

Aveugle aux signaux faibles

Désireux de revendiquer ses droits sur le duché de Milan, il lance les armées françaises sur les routes d’Italie. Il enchaîne les succès diplomatiques et militaires. La victoire de Marignan en 1515 couronne son motion et son aura est alors considérable. Mais, durant les dix années suivantes, François se révèle incapable de saisir ce qu’on appelle en économie les «signaux faibles», ceux qui doivent faire l’objet d’une veille attentive. il ne s’alarme pas de la montée en puissance de Charles Quint, de l’impossibilité de parvenir à à nouer une alliance avec Henri VIII d’Angleterre et de la trahison du connétable Charles de Bourbon, l’un de ses principaux vassaux.

En 1524, le roi lance une nouvelle expédition en Italie, afin de réaffirmer son management. Sa défaite à Pavie, en 1525, est horrible. Les armées adverses ont largement bénéficié de l’experience de Charles de Bourbon et… de l’orgueil de François Ier. Les troupes françaises sont décimées ; François, capturé. Rarement, dans l’Histoire, un roi est tombé si bas. Dans une lettre à sa mère, le souverain défait écrit : «Madame, pour vous avertir remark se porte le ressort de mon infortune, de toutes choses ne m’est demeuré que l’honneur et la vie qui est sauve.» Il est incarcéré en Italie, puis à Madrid, en attendant le paiement d’une rançon. Mais Charles Quint est exigeant et la captivité s’éternise. François sombre dans une profonde dépression. Remark lui, le roi-chevalier, le nouveau César, le plus grand souverain catholique, a-t-il pu échouer ?

Affaibli, ayant perdu le goût de vivre, François Ier est mourant. Les médecins espagnols constatent leur impuissance. L’empereur Charles Quint dépêche Marguerite de Navarre, la sœur bien-aimée du souverain alité. Le rétablissement est spectaculaire, miraculeux d’après les dépêches officiels. François Ier décide finalement de céder sur tout. Il est relâché (en échange de ses deux fils aînés, qu’il fera libérer plus tard).

Nouveaux alliés

De retour en France à la fin mars 1526, François Ier organise sa renaissance en commençant par réaliser un audit de son royaume. Il entreprend un voyage à travers tout le territoire, se montrant dans toutes les grandes villes du sud-ouest et du centre de la France. Il restructure sa cour et son cupboard, récompense ses loyaux serviteurs et remplace les nobles tombés à Pavie. Surtout, il gagne du temps, cherchant à renégocier sur des bases plus équitables le traité signé avec Charles Quint.

Il comprend qu’il doit trouver de nouveaux partenaires. Il achète la neutralité anglaise, s’allie avec des princes allemands protestants. Créatif, audacieux, pragmatique, le roi très chrétien ose même s’associer à Soliman le Magnifique, un souverain musulman ! Sous pression, empêtré dans la Réforme lancée par Luther, Charles Quint cède. Le three août 1529, le traité de Cambrai, dit «paix des Dames», est ratifié. Il est nettement plus favorable à la France.

Le souverain est toutefois conscient de ses erreurs et trouve de nouvelles voies de gouvernement, celles des réformes, du développement worldwide, des lettres et des arts. Pour renforcer son pouvoir, il impose le français comme langue officielle et unique de l’administration et du droit, à la place du latin (ordonnance de Villers-Cotterêts, 1539). Il favorise le développement de l’imprimerie sous la conduite de Geoffroy Tory (avant de se rétracter devant le risque de la propagation de nouvelles idées) et encourage des expéditions maritimes en Amérique du Nord conduites par Jacques Cartier.

Il importe enfin la Renaissance italienne en France, faisant venir, outre Léonard de Vinci, les plus grands artistes à Fontainebleau, dont Rosso Fiorentino, peintre, graveur et décorateur florentin, puis le Primatice, architecte et sculpteur de Bologne. Tous ces artistes contribuent à transformer un model créé, certes, par des Italiens, mais qui va devenir propre à la Renaissance française. Le château de Chambord matérialise les aspirations de rayonnement de François Ier et sa volonté de marquer l’Histoire, mais aussi d’impressionner les souverains invités.

Stratège de l’picture

En 1539, François prend enfin sa revanche sur Charles Quint. Une revanche pacifique : ce dernier a sollicité l’autorisation de passer par la France pour se rendre à Gand. Le roi pourrait en profiter pour capturer son plus féroce adversaire. Il choisit plutôt de le recevoir avec magnificence. Des fêtes fastueuses se déroulent pendant quatre semaines à Paris, Fontainebleau et Chambord. Dans cette demeure royale isolée au cœur des forêts de Sologne, Charles Quint, souverain d’un «empire sur lequel le soleil ne se couche jamais», contemple une œuvre qui surpasse tous ses châteaux. Ancien vaincu, François Ier triomphe, ayant matérialisé durablement son rebond, non par les armes mais les arts et la communication.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.